Fanny, gestionnaire d’appartements, Ile de Saint-Martin (Antilles)


Mon mari et moi sommes partis de France en 1984 sur un voilier que nous avons construit nous-mêmes et nous avons fini par nous installer en Polynésie française où nos enfants ont grandi paisiblement. J’étais infirmière libérale.
Malgré un environnement superbe et une ambiance agréable, ma profession m’a entrainée dans un tourbillon dont je ne suis pas sortie indemne. A fond dans les tournées, les horaires, les kms, la souffrance d’autrui, je n’ai pas su gérer, mais je n’en ai pas vraiment pris conscience pendant ce temps-là. Je devais faire cela et je ne m’écoutais pas….
Quand j’ai été épuisée au bout de 15 ans, j’ai décidé d’arrêter ce travail.
Nous nous sommes baladés. Australie, France, Canada… pour nous installer finalement à Saint-Martin où nous avons placé nos économies dans notre travail actuel (les appartements). Cela nous permet de travailler ensemble avec mon mari, et surtout – à part quelques coups de bourre – à notre rythme.
Voici comment j’ai découvert le yoga : quand je suis arrivée à Saint-Martin, j’avais mal au dos, des sciatiques, des hernies discales et des tendinites aux bras si douloureuses que je ne pouvais même plus les soulever. Ces douleurs étaient permanentes. J’ai aussi commencé à avoir une douleur à la hanche droite qui pendant un temps, ne me permit pas de marcher plus de 5 minutes. Bref, une vraie calamité !
J’allais chez la kiné, puis chez une ostéopathe avec laquelle j’ai sympathisé. Quand elle m’a parlé du cours d’Ingrid, j’y suis allée le jour-même. C’était en 2010 je pense, et depuis je n’ai pas arrêté.
Dire que le yoga a été une révélation serait mentir, car ça a plutôt été une souffrance, mais les paroles d’Ingrid m’ont convaincue que c’était cela que je devais faire et que le temps que je mettrais pour obtenir des résultats n’avait pas d’importance. J’avais tout mon temps…
J’étais motivée mais, au début, je ne pouvais pas faire plus d’une séance par semaine (courbatures, douleurs). Puis, petit à petit j’ai pu arriver à me détendre et bannir le mot « douleur » de mon vocabulaire… Grâce à Ingrid ! J’ai alors pu pratiquer trois fois par semaine. Quand Ingrid nous a initiés à l’ostéoyoga, j’étais prête !!! Cela a pris plusieurs années.
Le yoga, seul, n’a pas suffi. Alors que j’étais sur le chemin du « mieux aller », j’ai eu de belles rechutes avec mon dos, mes épaules, ou ma hanche. J’ai fini par corréler cela avec mon alimentation. J’ai supprimé, fin 2012, les laitages et le gluten qui sont tous deux pro-inflammatoires et, au bout de quelques mois, et jusqu’à aujourd’hui, j’ai vu mes douleurs les plus récalcitrantes, coriaces et invalidantes disparaitre, ce qui a aussi permis le relâchement de mes tensions. C’est là que le yoga est vraiment devenu ce qu’il me fallait.
Avant 2013, je prenais un Ibuprofène tous les jours pour arriver à avancer… Maintenant, si j’en prends deux par an c’est bien un maximum !
Quand je commençais à avoir mal cela pouvait durer plusieurs mois, maintenant lorsque cela arrive, cela dure 24 à 48h puis ça passe.
Aujourd’hui, je continue toujours ces exclusions alimentaires car je n’ai pas eu envie de reprendre ces aliments. Ils ne me manquent pas.
Depuis le départ d’Ingrid, j’ai continué la pratique avec son ancien professeur Pierre, et une autre jeune professeur qui travaille avec lui. J’y vais deux fois par semaine. Chaque séance est toujours une source de bienfaits. Chez moi, je ne pratique pas le yoga au sens de faire une vraie séance comme au cours mais plutôt de manière intégrée à ma vie quotidienne. Quand je me réveille dans la nuit, je fais une torsion ou le papillon que je peux tenir aussi longtemps que je ne me rendors pas. Cela me fait toujours beaucoup de bien et c’est là aussi que j’ai compris combien le temps passé à relâcher était important. Une seule posture aussi longtemps qu’on a le temps… Et ne pas oublier de le trouver !
Dans la journée, je pense à ouvrir ma cage thoracique ou à me poser correctement dans mon bassin, à bien respirer… Quand je fais du ménage ou de la peinture dans les appartements, je pense toujours à ne pas me crisper, à trouver un point d’appui. Pareil sur le bateau quand on navigue.
Avoir conscience de son corps est une chose, le « désincarcérer » en est une autre.
Relâcher, relâcher relâcher, c’est ce mot tant de fois répété qui devient mon leit motiv, apportant apaisement du corps et de l’esprit. Bien sûr, quand le corps peut relâcher, on peut ensuite être plus calme, plus ouvert, plus serein, plus bienveillant avec les autres, avec soi-même, naturellement, sans se forcer.
Ingrid m’a apporté tant de choses que je ne pourrai assez la remercier. La répétition, séance après séance, de ce que tu as besoin d’entendre et de réentendre pour les intégrer dans ton corps jusqu’à ce que ça deviennent naturel. Et vraiment en faire bon usage.
Je sais assez de choses pour pratiquer, comprendre et continuer moi-même, même si je ne progresse plus autant que quand elle était avec nous. On dit que nul n’est irremplaçable. Mais chacun est unique.