Claire Ditte, journaliste 

Ma formation de professeur aura duré trois ans. Trois années denses et souples à la fois, avec des hauts et des bas, des tremblements de terre et des vagues de joie. C’est cet engagement sur le long terme qui m’a permis de progresser sur mon tapis et surtout dans la vie, d’approfondir toutes les facettes du yoga bien au-delà de la posture, de creuser pour déterrer ce qu’il y a au fond de moi, en faisant un peu de ménage au passage. Au programme : petit coup de balai sur les mauvaises habitudes, évacuation des colis mentaux encombrants, colmatage des fuites d’énergie plus ou moins évidentes.

Il y a bien-sûr des moments de doutes, des impressions de faire marche arrière, de la fatigue physique ou mentale qui parfois s’incrustent dans ce voyage. Mais ces « intempéries » font partie du cheminement. Je n’ai jamais marché seule, étant épaulée par Ingrid et Elodie.

C’est facile d’être en yoga quand tout va bien sur le tapis et dans la vie. En trois ans, ma vie n’a pas été une mer calme et, dans les moments difficiles, j’ai pu utiliser les outils du yoga. Être en yoga quand les vagues se déchaînent dans le mental, dans le cœur est un vrai challenge. Tout est secoué, parfois tout semble s’écrouler, les repères disparaissent. Pourtant, il faut essayer de stabiliser son embarcation (le corps, le mental et le cœur) malgré la tempête. Pendant trois ans, j’ai appris à maintenir mon cap et à faire confiance aux bases solides construites, petit à petit, au fil des apprentissages. Le yoga ne s’apprend pas dans les livres, il s’expérimente, se ressent, se vit et nous conduit vers la meilleure version de nous-mêmes. Vers le vrai SOI.



Cette citation de Marc-Aurèle (Pensées pour moi-même) fait écho au chemin parcouru : « Que la force me soit donnée de supporter ce qui ne peut être changé et le courage de changer ce qui peut l’être mais aussi la sagesse de distinguer l’un de l’autre. »