Marie-Laurence, 54 ans, Boulogne-sur-Mer

Quand je suis sortie de l’hôpital en 2016 après un deuxième cancer du sein, ma sœur m’a dit qu’il fallait que je trouve une activité pour me calmer car j’étais trop énervée. Elle a trouvé des infos sur le cours de yoga d’Ingrid et a réservé deux places, une pour elle, une pour moi. J’étais sûre que je n’arriverais pas à me détendre, je n’y croyais pas : rester une heure et demie sur un tapis, impossible !

Pourtant, après le premier cours, même si je ne me suis pas tout à fait détendue, j’ai réussi à me poser, grâce à la voix d’Ingrid. Avec ma sœur, nous sommes revenues.

Aujourd’hui, le yoga est essentiel : c’est une heure et demie pour soi. J’arrive à me détendre, à faire des mouvements que j’étais incapable de faire avant, notamment lever mon bras malgré une capsulite. J’arrive même à faire les salutations au soleil !

Sans m’en rendre compte, le yoga m’a apporté plus de sérénité grâce à la respiration, à la détente. J’essaie de faire ce que je peux. Il y a des jours où c’est facile, d’autres moins. Sur mon tapis, j’accepte que la posture ne soit pas parfaite. Dans la vie quotidienne, il est plus difficile d’accepter les transformations liées au cancer. Je sens toujours une colère et cette épée de Damoclès au-dessus de ma tête. Le chemin est encore long.

Je sens bien que le yoga apaise ma nervosité. Pendant trois mois, je n’ai pas pu venir au cours de yoga et j’étais redevenue irritable, je démarrais au quart de tour. Ma mère m’avait même demandé : « Tu reprends quand le yoga ? »

Au yoga, on y va toujours à deux, avec ma sœur Marie-Christine, une à deux fois par semaine.

Chez moi, je pratique aussi dès que je me sens stressée. J’ai appris à prendre du recul. Et à écouter mon corps. Mon alimentation a changé elle aussi. Je me rends compte de la chance d’avoir un potager, c’est une grande richesse qui me permet de préserver mon capital santé. Je fais des jus frais, je cuisine avec des épices. Ma façon d’acheter les aliments et les autres produits est vraiment différente. J’ai pris conscience de ce que je mange, c’est aussi une façon de nettoyer mon corps et de prendre soin de moi.